« Une écriture qui ne se lit pas, mais se ressent. »
Keya travaille avec un langage de son invention. À travers cet alphabet personnel, il construit une écriture où le signe devient trace et la matière devient mémoire. Son œuvre interroge ce qui demeure quand les histoires s’effacent.
Enfant, Keya manipulait, assemblait, découpait et récupérait : une manière de comprendre le monde par le geste, bien avant les mots. En 1992, il est envoyé en ex-Yougoslavie comme casque bleu et démineur ; cette expérience marque durablement son rapport à la mémoire et à la trace. De retour en France, créer devient une nécessité : le charbon, la terre, le vin et la matière organique deviennent ses pigments.
Dyslexique, il invente un alphabet personnel pendant que sa femme attend leur enfant, conçu comme un lien secret avec cet enfant. Ce code devient le cœur de son œuvre.
Installé à Marrakech depuis 2016, il travaille depuis 2020 avec des tisserandes du Moyen Atlas, qui traduisent son alphabet en laine, chaque pièce portant une double signature. Ses collaborations traduisent l’histoire d’un lieu ou d’une matière : de grands vins français réduits en pigment à Los Angeles, l’histoire du thé au Maroc avec la maison de thé Wright pour « ATAY » au Four Seasons Marrakech.